Posts Tagged ‘Journaux’

Où il est question de Science, de copyrights et des méchants éditeurs!

juillet 26, 2011

Marlène Delhaye publie un essai polémique, parfois discutable,  mais pas inintéressant:

  • La publication scientifique est un système curieuxles auteurs ne sont pas payés pour leur travail de rédaction, non plus que les personnes qui valident les articles (ce sont juste d’autres universitaires non payés), et, dans certaines disciplines, les membres des comités éditoriaux des revues ne sont pas non plus rémunérés. Parfois même les auteurs doivent payer les éditeurs. Pourtant, les articles scientifiques figurent parmi les publications les plus chères de la littérature commerciale.
  • La pression du « publier ou périr » dans le monde scientifique met les universitaires dans une position de faiblesse pour négocier, à laquelle s’ajoute la forte inertie du système actuel. Ceux qui ont le plus de pouvoir pour changer le système – les chercheurs titulaires reconnus, dont les travaux donnent de la légitimité et du prestige aux revues, plutôt que l’inverse – sont les moins touchés par les faiblesses de ce système. Eux sont soutenus par des institutions qui leur fournissent de façon transparente les accès à toutes les ressources dont ils ont besoin
  • Le droit d’auteur est une fiction juridique qui représente un compromis étroit : nous abandonnons une partie de notre droit naturel à échanger de l’information contre la création d’une incitation économique pour les auteurs, afin que nous puissions tous bénéficier de plus de contenus. Lorsque les éditeurs abusent du système pour justifier leur propre existence, lorsqu’ils déforment les limites de la zone de validité du droit d’auteur, lorsqu’ils usent de menaces de contentieux sans fondement pour supprimer la diffusion de travaux appartenant au domaine public, c’est toute la communauté qu’ils dépossèdent.
  • Trop souvent les revues, les galeries et les musées ne sont plus des disséminateurs de la connaissance – comme le suggèrent leurs nobles lettres de mission – mais des censeurs du savoir, parce que censurer, c’est la seule chose qu’ils font mieux que ce que fait Internet

 

Libération de 18952 articles scientifiques du domaine public. Marlène’s corner. En ligne, posté le 25 juillet 2011.
http://marlenescorner.net/2011/07/25/liberation-de-18-592-articles-scientifiques-du-domaine-public/

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Le marché de l’édition scientifique

décembre 5, 2010

 Quelques rappels sur le marché de l’IST à l’occasion de ce volumineux rapport de l’IG des bibliothèques:

  •  64% des revues IST sont publiées par des éditeurs commerciaux (30% par des sociétés savantes)
  • La part des articles publiés en libre accès est encore marginale
  • Les statistiques d’usage sont rarement complètes, … Le suivi d’un indicateur majeur, le coût par téléchargement, est de ce fait difficile à établir pour l’ensemble des ressources.
  • Les bibliothèques universitaires et de recherche constituent la première source de revenu des revues (entre 38 et 75% du CA), devant les entreprises (15 à 17%), etc.
  • Le nombre de revues académiques à comité de lecture était début 2009 d’environ 25 400 publiant au total environ 1,5 million d’articles par an.
  • Le secteur biomédical représente 30% des titres
  • La croissance annuelle du nombre de titres est d’environ 3,5%, celle du nombre d’articles de 3%.
  • Aujourd’hui, la quasi-totalité de ces périodiques paraît en ligne : en 2008, c’est le cas de 96% des titres en STM….
  • La population mondiale de chercheurs ayant été estimée en 2005 par l’Unesco à 5,5 millions.
  • Les revues en libre accès sont en expansion… Mais la proportion d’articles publiés en libre accès reste faible : de 2% à 4,6% de la production totale selon les estimations (2009)
  • Nombre total annuel de téléchargements d’articles dans le monde à 1,8 milliard (2008)
  • Grande concentration des éditeurs:Reed Elsevier, Thomson-Reuters, Wolters-Kluwer, Wiley-Blackwell, Springer, etc. 
  • Selon le statut (professeur, assistant, chargé de cours, autres), le nombre moyen d’articles lus par mois va d’un minimum de 11,2 à un maximum de 24,5, …. Les médecins sont les plus grands lecteurs d’articles
  • En 2005, le temps consacré par chercheur à la lecture était en moyenne de 143 à 159 heures par an et représentait une augmentation du nombre d’articles lus de +87% depuis 1977…
  • L’évaluation quantitative et qualitative de l’usage doit être améliorée, et s’accompagner d’études d’impact sur différents aspects (économies de coût résultant des contrats négociés, gains sur les coûts de fonctionnement des bibliothèques, effets sur l’activité de recherche) selon des méthodologies à élaborer ou consolider. 

 

Carbone, Pierre. Inspection générale des bibliothèques. Coûts, bénéfices et contraintes de la mutualisation des ressources électroniques : éléments de comparaison internationale et propositions. Rapport – n° 2010-012, octobre 2010. En ligne : http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2009/69/8/rapport_MRE_diffusion_159698.pdf

 

 

    

La recherche biomédicale française se porte mal!

juin 29, 2010

Philippe Even, Président de l’Institut Necker, publie dans les Echos une enquête très pointue et fouillée sur la productivité scientifique de la recherche biomédicale française.

C’est une bombe dans le sens que c’est une compilation de beaucoup d’écueils connus, avec des avis très tranchés.

 Au-delà du classement des chercheurs qui fera certainement polémique, le rapport met en valeur un certain nombre de faiblesses françaises.

* La faiblesse du financement publique

–          France : Dépenses nationales de R&D publiques : la part du biomédical est la plus faible du monde

–          Le budget total de la recherche biomédicale française n’est que les 2/3 des budgets anglais et allemands et le 1/10ème de celui des Etats-Unis.

–          Aux US, les entreprises privées ne financent guère la recherche publique

–          Union européenne :Naufrage des programmes communs de R&D (PCRD)

–          France : Omnipuissance de la Recherche spatiale par rapport au biomédical

* La faible réputation des chercheurs français

–          Les chercheurs réellement impliqués en Recherche sont 2 fois moins que les chiffres annoncés

–          Les chercheurs CNRS sont 2 fois plus performants que ceux de l’INSERM

* L’hyper-concentration des grandes revues

12 journaux de super-excellence : Science, Nature, cell, JAM, NEJM, The Lancet,

– 200 journaux concentrent l’essentiel

* Les limites des indicateurs bibliométriques

–          La bibliométrie repère – l’excellence – la faiblesse … mais elle ne peut classer dans la zone moyenne

–          – Techniques de falsifications délibérées de la bibliométrie et problème des faux auteurs principaux

–          Le facteur H est une niaiserie mais le facteur d’impact impose une véritable dictature

Recherche biologique et médical : le classement bibliomtrique des chercheurs français. Les Echos, 28 Juin 2010.
En ligne: http://www.lesechos.fr/info/france/020633271563.htm