Posts Tagged ‘éditeurs’

Open Access: une conversion « intéressée » des éditeurs commerciaux

janvier 6, 2013

Le blog de l’INIST reprend une analyse intéressante de Michel Vajou qui s’interroge sur la conversion récente des grands éditeurs scientifiques au modèle Gold de l’Open Access.

Quelques extraits:

« l’évolution sur 2012 des catalogues de revues des grands éditeurs scientifiques illustre une large conversion de ces éditeurs au Gold Open Acess, permettant de créer de nouvelles revues en accès gratuit, lemodèle économique reposant sur des droits de publication (Author Fees) facturés aux auteurs ou à leurs institutions de rattachement. (…)

 Cette conversion rapide des grands éditeurs au Gold OA s’explique par leur volonté de capter les importantes réserves de croissance du modèle économique « Author Pays » et d’absorber une masse d’articles scientifiques en forte progression au plan mondial. Ces créations de revues en libre accès reflètent aussi de nouvelles stratégies compétitives entre ces grands éditeurs pour capter ces réserves de croissance. (…)

D’après Michel Vajou, les raisons de cette conversion sont:

  •  La première motivation est celle de participer à une publication scientifique sans cesse en expansion. Entre 1996 et 2012, le nombre d’articles scientifiques publiés annuellement est, selon les chiffres publiés par Scimago (www.scimagojr.com) passé de 1 134 000 à 2 250 000 , avec une nette accélération depuis 2004, en phase avec la percée des pays émergents (et tout particulièrement la Chine) dans le concert de la publication scientifique. Les éditeurs, pour préserver leur rôle de « médiateur » de la communication scientifique, doivent être capables d’intégrer ce flux croissant
  • il est (relativement) plus facile de créer une revue en Gold OA qu’une revue sur abonnement (à partir du moment où est clairement identifiée une communauté scientifique constituant une réserve de contributeurs potentiels et une audience suffisamment large). Dans le modèle économique de la revue sur abonnement, l’acquisition d’un socle d’abonnés suffisant pour atteindre le seuil de rentabilité est un processus long

 

et l’auteur de conclure: « S’il est difficile de pousser l’analyse plus loin, il semble évident que la création de revues en Gold OA est en passe de devenir l’un des axes essentiels de la compétition entre éditeurs »

Vajou, Michel. publié par Hameau, Thérèse. Les grands éditeurs scientifiques développent rapidement leurs catalogues de revues en Gold « Open Access ». Blog de l’INIST, posté le 19 décembre 2012. http://openaccess.inist.fr/?Les-grands-editeurs-scientifiques

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Où il est question de Science, de copyrights et des méchants éditeurs!

juillet 26, 2011

Marlène Delhaye publie un essai polémique, parfois discutable,  mais pas inintéressant:

  • La publication scientifique est un système curieuxles auteurs ne sont pas payés pour leur travail de rédaction, non plus que les personnes qui valident les articles (ce sont juste d’autres universitaires non payés), et, dans certaines disciplines, les membres des comités éditoriaux des revues ne sont pas non plus rémunérés. Parfois même les auteurs doivent payer les éditeurs. Pourtant, les articles scientifiques figurent parmi les publications les plus chères de la littérature commerciale.
  • La pression du « publier ou périr » dans le monde scientifique met les universitaires dans une position de faiblesse pour négocier, à laquelle s’ajoute la forte inertie du système actuel. Ceux qui ont le plus de pouvoir pour changer le système – les chercheurs titulaires reconnus, dont les travaux donnent de la légitimité et du prestige aux revues, plutôt que l’inverse – sont les moins touchés par les faiblesses de ce système. Eux sont soutenus par des institutions qui leur fournissent de façon transparente les accès à toutes les ressources dont ils ont besoin
  • Le droit d’auteur est une fiction juridique qui représente un compromis étroit : nous abandonnons une partie de notre droit naturel à échanger de l’information contre la création d’une incitation économique pour les auteurs, afin que nous puissions tous bénéficier de plus de contenus. Lorsque les éditeurs abusent du système pour justifier leur propre existence, lorsqu’ils déforment les limites de la zone de validité du droit d’auteur, lorsqu’ils usent de menaces de contentieux sans fondement pour supprimer la diffusion de travaux appartenant au domaine public, c’est toute la communauté qu’ils dépossèdent.
  • Trop souvent les revues, les galeries et les musées ne sont plus des disséminateurs de la connaissance – comme le suggèrent leurs nobles lettres de mission – mais des censeurs du savoir, parce que censurer, c’est la seule chose qu’ils font mieux que ce que fait Internet

 

Libération de 18952 articles scientifiques du domaine public. Marlène’s corner. En ligne, posté le 25 juillet 2011.
http://marlenescorner.net/2011/07/25/liberation-de-18-592-articles-scientifiques-du-domaine-public/

Le marché de l’édition scientifique

décembre 5, 2010

 Quelques rappels sur le marché de l’IST à l’occasion de ce volumineux rapport de l’IG des bibliothèques:

  •  64% des revues IST sont publiées par des éditeurs commerciaux (30% par des sociétés savantes)
  • La part des articles publiés en libre accès est encore marginale
  • Les statistiques d’usage sont rarement complètes, … Le suivi d’un indicateur majeur, le coût par téléchargement, est de ce fait difficile à établir pour l’ensemble des ressources.
  • Les bibliothèques universitaires et de recherche constituent la première source de revenu des revues (entre 38 et 75% du CA), devant les entreprises (15 à 17%), etc.
  • Le nombre de revues académiques à comité de lecture était début 2009 d’environ 25 400 publiant au total environ 1,5 million d’articles par an.
  • Le secteur biomédical représente 30% des titres
  • La croissance annuelle du nombre de titres est d’environ 3,5%, celle du nombre d’articles de 3%.
  • Aujourd’hui, la quasi-totalité de ces périodiques paraît en ligne : en 2008, c’est le cas de 96% des titres en STM….
  • La population mondiale de chercheurs ayant été estimée en 2005 par l’Unesco à 5,5 millions.
  • Les revues en libre accès sont en expansion… Mais la proportion d’articles publiés en libre accès reste faible : de 2% à 4,6% de la production totale selon les estimations (2009)
  • Nombre total annuel de téléchargements d’articles dans le monde à 1,8 milliard (2008)
  • Grande concentration des éditeurs:Reed Elsevier, Thomson-Reuters, Wolters-Kluwer, Wiley-Blackwell, Springer, etc. 
  • Selon le statut (professeur, assistant, chargé de cours, autres), le nombre moyen d’articles lus par mois va d’un minimum de 11,2 à un maximum de 24,5, …. Les médecins sont les plus grands lecteurs d’articles
  • En 2005, le temps consacré par chercheur à la lecture était en moyenne de 143 à 159 heures par an et représentait une augmentation du nombre d’articles lus de +87% depuis 1977…
  • L’évaluation quantitative et qualitative de l’usage doit être améliorée, et s’accompagner d’études d’impact sur différents aspects (économies de coût résultant des contrats négociés, gains sur les coûts de fonctionnement des bibliothèques, effets sur l’activité de recherche) selon des méthodologies à élaborer ou consolider. 

 

Carbone, Pierre. Inspection générale des bibliothèques. Coûts, bénéfices et contraintes de la mutualisation des ressources électroniques : éléments de comparaison internationale et propositions. Rapport – n° 2010-012, octobre 2010. En ligne : http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2009/69/8/rapport_MRE_diffusion_159698.pdf

 

 

    

Les éditeurs scientifiques se portent bien…

juin 24, 2010

Les 2 géants du STM Elsevier et Thomson sont respectivement second et troisième du marché mondial de l’édition, tous secteurs confondus.

Ils confortent leur position de l’année précédente: cf post précédent.

Source: « Pearson, Reed et Thomson dominent l’édition mondiale », Les Echos, 19 Juin 2010.
En ligne:
http://www.lesechos.fr/info/comm/020614656370-pearson…

© Les Echos, 2010.

Les éditeurs scientifiques se portent bien…

juin 17, 2009

Merci pour eux!

La juxtaposition dans un même dossier d’Archimag d’une part des marges confortables des leaders de l’édition STM (7 % pour Reed Elsevier, 19 % pour Thomson Reuters, etc.) et d ‘autre part des difficultés grandissantes des clients académiques (BU, etc.) pour acquérir l’information scientifique, laisse perplexe. Des intermédiaires comme EBSCO, l’agence d’abonnement, se réjouissent d’avoir les labos pharmaceutiques parmi leurs clients…

http://archimag.com/fr/accueil-archimag/magazines/archimag-n225/dossier.html#10902