Archive for the ‘Uncategorized’ Category

Apple: quelques leçons de mépris du management

octobre 27, 2013

Tout au long de sa carrière extraordinaire, Steve Jobs a imposé un leadership étonnant qui va à l’encontre des toutes les bonnes pratiques enseignées dans les grandes écoles de Management (en particulier Harvard que Jobs méprisait), et qui se pratiquent dans le quasi-totalité des entreprises du secteur technologique.

Quelques exemples:

– Une culture d’entreprise basée sur le secret absolu (contre la transparence) et le renfermement:

  • pas de participations des salariés aux networking de la Silicon Valley,
  • aucune communication interne sur les projets en cours,
  • collaboration entre départements réduite au minimum,
  • cerveaux des collaborateurs quasi-formatés au sein de la très discrète Apple Academy…

– Steve Jobs a veillé à maintenir l’esprit start-up dans un groupe de 40,000 employés:

  • Chaque département, devait se concentrer et déployer sa créativité sur une seule tâche sans se soucier des autres parties du déploiement.
  • Seul, Jobs avait dans l’entreprise une vision complète des différents projets en cours et la connaissance de l’objectif final (un produit d’exception).
  • Limitation des réunions et divers conseils, comités exécutifs, équipes restreintes… afin de permettre des prises de décision rapide et de provoquer l’urgence permanente

– Un management des Ressources Humaines quasi-archaïque, proche du paternalisme:

  • aucune possibilité de progression interne, aucun plan de développement, aucune responsabilisation,
  • sous-valorisation des compétences, ré-appropriation par Jobs des meilleures intuitions de ses collaborateurs,
  • humiliation publique, pression incroyable et tyrannie du leader,
  • hyper-concentration des employés sur une mono-tâche,
  • salaires élevés mais pas au-dessus de la concurrence…

Et pourtant, Steve Jobs a attiré l’excellence des ingénieurs, logisticiens et designers de la planète. Steve Jobs exigeait des ses collaborateurs une dévotion au produit (plus qu’à la marque en elle-même) quasi absolue sans contre-partie de la part d’Apple. Sa réussite s’explique par une attention toute particulière portée au recrutement, auquel il consacrait lui-même du temps pour les postes les plus importants.jobs privilégiait la passion et l’expérience des candidats plus que leurs diplômes.

– Un management du personnel très froid:

  • pas de salons de détente comme chez Google ou chez la plupart des start-ups,
  • pas de repas offert à la cantine ou de pizzas livrées le soir…
  • pas d’open-spaces conviviaux mais des bureaux fermés pour limiter la collaboration entre départements
  • pas d’initiatives sociétales.

Cependant, tous les salariés reconnaissent avoir vécu une expérience humaine extra-ordinaire en travaillant pour Jobs.

Rejet de la diversification des activité avec une hyper-concentration de toutes les équipes sur un produit unique pour lequel l’entreprise prend tous les risques.

Désintérêt pour les investisseurs et des actionnaires qui n’ont aucun impact sur la stratégie et les décisions de l’entreprise:

  • financièrement parlant, Apple a été gérée à l’opposé de tous les grands groupes capitalistiques, presque comme une PME: pas de dividende versé aux actionnaires, fonds de roulement privilégié, etc.
  • On sait que Jobs ne portait que peu d’intérêt à la réussite financière (contrairement à Bill Gates) et voulait que l’histoire se rappelle de lui comme un artiste (le designer de produits exceptionnels) et non comme un chef d’entreprise.

Mépris des communiquants extérieurs, des journalistes, des influenceurs, des universitaires et économistes… mais aussi des autres sociétés high-tech…

Culte de l’excellence, respect du leader charismatique (plus que de l’amour proprement dit)

– Le design du produit impose ses contraintes à la fabrication et à la logistique, et non l’inverse.

etc.

à lire, le passionnant ouvrage:

Lashinsky, Adam. Inside Apple: de Steve Jobs à Tim Cook, dans les coulisses de l’entreprise la plus secrète au monde. Paris: Dunod, 2013. 262 p. ISBN 978-2-10-059419-1

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E-mails: résistez!

août 27, 2013

Voici un petit ouvrage extrêmement précieux que chacun devrait lire! En particulier tous ceux qui se “plaignent” d’être submergés par leur flot d’emails quotidiens (c’est-à-dire presque tout le monde!).

Une fois démontré le “poids” économique de la gestion des emails dans l’entreprise (temps perdu, stress, déficit d’attention, interpénétration vie privée/vie pro…), les auteurs dénombrent les erreurs à éviter et donnent un certain nombre de conseils très concrets pour réagir.

Plaies à éviter: pièces jointes non-explicites, trop de destinataires, erreurs de destinataires, …

Quelques astuces pour être plus efficace:

  • limiter les notifications systématiques des médias sociaux (privilégier un émail régulier de synthèse)
  • ne pas répondre aux emails en copie, éviter les “répondre à tous”
  • bloquer les spams et se désinscrire des newsletters
  • répondre a minima, se réserver des plages horaires sans emails…
  • etc.

Un ouvrage très sympathique avec plein de recettes résolument pratiques issues du quotidien et avec des témoignages d’utilisateurs…

Blancot, Carole, Berthelot, Vincent et De Landsheer, Anne. Inondé sous les e-mails, résistez!; Paris: Hachette, 2013. 201 p. Collection Petits conseils pour grands progrès. ISBN 2-0123-0950-0

http://www.hachette-pratique.com/livre/468887/inonde_sous_les_e-mails_resistez_!_vincent_berthelot_carole_blancot_anne_de_landsheer

Maîtriser la veille pour l’intelligence scientifique (dans BASES)

février 14, 2013

Un extrait de la critique de mon dernier ouvrage dans la revue BASES.

———

« … un ouvrage résolument pratique dédié à la mise en oeuvre opérationnelle d’une veille scientifique dans l’entreprise (…)

Conçues pour une mise en application immédiate, ces fiches abordent les diverses actions à mener pour mettre en place et maîtriser une veille… (…)

(…)

BASES, N°330, Janvier 2013, p.4

http://www.bases-netsources.com/p/bases.html

Entre rumeur et signal faible, il n’y a qu’un tweet!! (Veille Ouest)

janvier 30, 2013

Encore un post intéressant de Veille Ouest sur la fiabilité de l’information sur le Web.

Quelques astuces et outils pour s’assurer de la crédibilité d’un tweet, la fiabilité d’un profil social, etc.

Comment faire d’une rumeur une information exploitable? Veille Ouest, 29 janvier 2013. http://www.veille-ouest.fr/2013/01/signaux-faibles-veille/#more-2312 

Veille professionnelle sur Twitter (PoleDocumentation)

janvier 14, 2013

Un billet intéressant d’Adeline LORY, avec un constat de départ que je partage: « en raison du nombre d’informations très élevé, et de la durée de vie d’un tweet (environ 1h), il est nécessaire d’automatiser la démarche de surveillance sur cette plateforme. »

Quelques conseils avec des exemples pratiques sont donnés:

  • Utiliser les flux RSS pour la veille (en optimisant les hashtags)
  • exploiter les listes des autres tweetos
  • etc.

 

MyScienceWork, le meilleur réseau social scientifique français, expliqué par sa fondatrice

janvier 11, 2013

Virginie Simon, fondatrice de MyScienceWork

Les réseaux sociaux traditionnels (Twitter, Facebook, etc.) ne répondent pas aux attentes des scientifiques…

Les fondements de MyScienceWork:

– Un Réseau social professionnel adaptés aux scientifiques (jobs, CV, etc. à la ResearchGate)

– Une approche Multidisciplinaire (sciences dures et sciences humaines)

– Privilégier 600 dépôts en Open Access pour indexer 1 million d’articles

Le résultat: un contenu professionnel dans une plateforme de communication innovante qui combine l’efficacité d’un moteur de recherche avançé avec une collaboration interpersonnelle.

http://www.mysciencework.com/fr/

Les blogs : le meilleur relai pour de l’information critique

janvier 10, 2013

 

Les blogs, plus performants que les autres médias sociaux pour diffuser de l’information ? C’est en tout cas ce que semblent indiquer les résultats d’une étude réalisée par un groupe de chercheurs de l’université américaine de Stanford. Avec toutefois un bémol : tout dépend du degré d’importance de l’information. Car en effet plus celle-ci est importante, plus elle se diffuse à travers ce type de médias. (…)

… les blogs était plus efficients que les autres médias sociaux à partager une information, en particulier si celle-ci touche à des événements à portée internationale…

Par contre, l’étude affirme que cela ne s’applique pas aux informations un peu plus généralistes. … , lorsque l’information est généraliste, elle emprunte généralement des chemins identiques à travers le réseau (même médias d’origine, même temps de diffusion…),…

L’Atelier. Les blogs restent-il les meilleurs relais de diffusion de l’information ? Posté le 10 janvier 2013.

http://www.atelier.net/trends/articles/blogs-restent-meilleurs-relais-de-diffusion-de-information?utm_source=atelier&utm_medium=rss&utm_campaign=atelier

Twitter en France: indispensable pour les professionnels (F. Cavazza)

janvier 9, 2013

Une bonne analyse de Fred Cavazza au sujet des usages de Twitter par les Français.

 

« si le succès de Twitter n’est plus à démontrer, les usages réels l’orientent immanquablement vers la sphère professionnelle, surtout en France. (…)

Il y a donc 5,5 millions d’utilisateurs français de Twitter, ce qui fait de la France le 7ème pays, avec une majorité d’utilisateurs de plus de 55 ans. (…)

Nous pouvons néanmoins expliquer cette progression spectaculaire des plus de 55 ans par le fait que Twitter est devenu le média instantané de référence pour les journalistes et personnalités politiques. (…)

Contrairement aux marchés américains ou chinois, je constate de façon empirique que Twitter est une plateforme sociale majoritairement BtoB, dans la mesure où les métiers de la communication, du marketing ou du journalisme y sont encore largement surreprésentés. Cela ne veut pas dire que l’on n’y croise pas d’utilisateurs qui en font un usage personnel, mais que les conversations sont plutôt tournées vers des domaines professionnels. (…)

Nous en arrivons donc à LA grande question : faut-il être présent sur Twitter ? Oui, indéniablement, car les leaders d’opinion y sont. Entendons-nous bien : être présent ne veut pas dire publier 10 tweets par heure et acheter des followers, mais plutôt surveiller de près ce qui s’y passe et communiquer de façon active si cela s’intègre dans une architecture sociale cohérente. À partir du moment où vous avez pris la décision d’installer votre marque sur les médias sociaux, Twitter est un support indispensable...

Lire l’article en entier sur:

Cavazza, Frédéric. La maturation de Twitter l’éloigne-t-il du grand public? MédiasSociauxx.fr, En ligne le 8 janvier 2013.
http://www.mediassociaux.fr/2013/01/08/la-maturation-de-twitter-leloigne-t-il-du-grand-public/ 

 

 

 

Open Access: une conversion « intéressée » des éditeurs commerciaux

janvier 6, 2013

Le blog de l’INIST reprend une analyse intéressante de Michel Vajou qui s’interroge sur la conversion récente des grands éditeurs scientifiques au modèle Gold de l’Open Access.

Quelques extraits:

« l’évolution sur 2012 des catalogues de revues des grands éditeurs scientifiques illustre une large conversion de ces éditeurs au Gold Open Acess, permettant de créer de nouvelles revues en accès gratuit, lemodèle économique reposant sur des droits de publication (Author Fees) facturés aux auteurs ou à leurs institutions de rattachement. (…)

 Cette conversion rapide des grands éditeurs au Gold OA s’explique par leur volonté de capter les importantes réserves de croissance du modèle économique « Author Pays » et d’absorber une masse d’articles scientifiques en forte progression au plan mondial. Ces créations de revues en libre accès reflètent aussi de nouvelles stratégies compétitives entre ces grands éditeurs pour capter ces réserves de croissance. (…)

D’après Michel Vajou, les raisons de cette conversion sont:

  •  La première motivation est celle de participer à une publication scientifique sans cesse en expansion. Entre 1996 et 2012, le nombre d’articles scientifiques publiés annuellement est, selon les chiffres publiés par Scimago (www.scimagojr.com) passé de 1 134 000 à 2 250 000 , avec une nette accélération depuis 2004, en phase avec la percée des pays émergents (et tout particulièrement la Chine) dans le concert de la publication scientifique. Les éditeurs, pour préserver leur rôle de « médiateur » de la communication scientifique, doivent être capables d’intégrer ce flux croissant
  • il est (relativement) plus facile de créer une revue en Gold OA qu’une revue sur abonnement (à partir du moment où est clairement identifiée une communauté scientifique constituant une réserve de contributeurs potentiels et une audience suffisamment large). Dans le modèle économique de la revue sur abonnement, l’acquisition d’un socle d’abonnés suffisant pour atteindre le seuil de rentabilité est un processus long

 

et l’auteur de conclure: « S’il est difficile de pousser l’analyse plus loin, il semble évident que la création de revues en Gold OA est en passe de devenir l’un des axes essentiels de la compétition entre éditeurs »

Vajou, Michel. publié par Hameau, Thérèse. Les grands éditeurs scientifiques développent rapidement leurs catalogues de revues en Gold « Open Access ». Blog de l’INIST, posté le 19 décembre 2012. http://openaccess.inist.fr/?Les-grands-editeurs-scientifiques

INISTgate: une réponse « à froid » de BASES aux débats passionnés

décembre 21, 2012

Le hashtag #INISTgate désigne la fronde des chercheurs publics français contre le service de fourniture de document REFDOC proposé par l’INIST.

Le collectif des auteurs en colère a été initié par le toujours bouillonant Olivier Ertzschied, du fameux blog Affordance, et a rencontré un énorme écho sur les réseaux sociaux. Ces auteurs reprochent à l’INIST de revendre leurs articles à un prix très élevé alors qu’ils peuvent être potentiellement accessibles gratuitement sur des sites gratuits (revues en Open access, archives ouvertes).

Dans le dernier numéro de BASES, François LIBMANN revient sur cette affaire et défend le service REFDOC en replaçant cette affaire dans un contexte plus général d’accès à l’information, de sa supposée gratuité et de la valeur liée à la recherche d’information.

Quelques arguments:

  • l’INIST est dans un environnement concurrentiel international et son affaiblissement reviendrait à transférer partie de son activité à des concurrents étrangers
  • REFDOC ne s’oppose pas aux sources en accès libre. Il s’agit d’un service complémentaire pour les organisations (en particulier les entreprises) qui permet d’éviter de chercher des références potentiellement accessibles gratuitement sur le web. Payer 15€ revient à moins cher pour une entreprise que 10 minutes perdues par un chercheur pour localiser un article.
  • Le mouvement général vers le « tout gratuit » –en tout cas dans le domaine de l’information- tend vers une dévalorisation de l’information car elle sous-estime la valeur de l’action de rechercher et de sélectionner de l’information pertinente
  • Ce mouvement (gratuité et googléisation de la recherche) comporte le risque de dévaloriser les compétences des professionnels de l’information

L’auteur conclue très justement en appelant à réfléchir aux différents canaux possibles de la diffusion scientifique.

  • (Sans avoir consulté il est vrai la totalité des argumentaires des auteurs en colère), j’ajoute mon point de vue personnel:
    • REFDOC est un service, à ma connaissance, extrêmement apprécié par les documentalistes en entreprise: il est très fiable, avec un service de qualité et une interface efficace. Par ailleurs, le prix moyen d’un article dans REFDOC (souvent autour des 12-15 €) est environ 3 fois moins élevé que dans des services étrangers concurrents (British Library, InfoTrieve, Reprint desk)
    • Les articles scientifiques en accès libre ne représentent « que » 20% au mieux de la littérature mondiale: 80% des articles sont donc payants et le coût direct chez les éditeurs originaux est bien souvent supérieur à celui de REFDOC

à lire l’article:

Libmann, François. Refdoc/INIST: un peu de bon sens. BASES, N°298, pp.5-7

http://www.bases-netsources.com/p/bases.html